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La Normandie, star du 7e art

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En noir et blanc ou en couleurs, en 35 mm ou en numérique, des centaines de films ont été tournés en Normandie depuis l’invention du cinéma par les frères Lumière. Célébrée pour ses paysages, ses lumières et son patrimoine par les plus grands cinéastes, notre région attire les équipes de réalisation et production qui s’appuient sur les services offerts par l'Accueil de tournages de Normandie Images. Alors que les réalisations de film s’enchaînent de Caen à Dieppe en passant par Cherbourg, Rouen ou Yvetot, plein zoom sur le 7e art dans notre région.

Les tournages ont repris en 2021

Malgré les restrictions sanitaires mises en place depuis plus d’un an et la fermeture des salles de cinéma, les tournages ont repris en Normandie depuis le début de l’année. 

Les passagers de la nuit, décor construit dans le Zénith de Caen. ©David Roosens

C’est Claire Simon qui a ouvert le bal mi-janvier avec Je voudrais parler… entraînant Emmanuelle Devos dans le Calvados sur les pas de Marguerite Duras, suivie en février par Les passagers de la nuit de Mickhaël Hers avec Charlotte Gainsbourg et Emmanuelle Béart. Pour ce tournage, l’équipe a investi le Zénith de Caen pour une douzaine de jours et un imposant décor y a été monté. Fin février, début mars, c’étaient Les braves de Sébastien Betbeder avec Thomas Scimeca, Nicolas Belvalette et Aloïse Sauvage qui posaient leurs valises pour 13 jours dans le secteur d’Yvetot. Une aide à la création et à la production de la Région Normandie/CNC a été attribuée à ces différents projets. 

La venue de Sophie Marceau

Quant à Patricia Mazuy, qui a déjà réalisé plusieurs longs métrages dans notre région dont Saint-Cyr, elle était de retour pour son prochain film, Saturne, tourné à Caen, Lisieux et Touques dans le Calvados du 27 février au 16 avril. Un peu plus au nord, à Dieppe non loin de la mer, Jean-Paul Civeyrac réalisait, du 15 mars à début avril, de nombreuses scènes d’Une femme de notre temps, avec Sophie Marceau qui connaît bien la Normandie puisqu’elle y a tourné en 2007 La disparue de Deauville

« Lors de l’interruption des tournages en 2020, nous avons travaillé avec le bureau d’accueil pour voir où il fallait agir, notamment pour rattraper les retards de tournages, d’où le nombre important en région actuellement. Nous sommes très vigilants à aider les sociétés de production qui avancent leur calendrier, il faut donc mettre les bouchées doubles »

Denis Darroy, directeur de Normandie Images

3 tournages en mai

Du 25 avril au 20 mai, c’est Léonor Séraille et l’équipe d’Un petit frère qui viennent à Rouen et Dieppe pour plus de trois semaines (le projet a reçu des aides à l'écriture et à la production de la Région Normandie/CNC), avant l’arrivée en mai-juin, de Tahar Rahim et Virginie Efira pour le Don Juan de Serge Bozon, l’histoire d’un acteur de théâtre qui répète Don Juan et qui est abandonné le jour de ses noces… Pio Marmaï et Mélanie Laurent sont, quant à eux, attendus dès le mois de mai dans un célèbre haras normand pour le tournage de Tempête de Christian Dugay. 

Ainsi, les 6 premiers mois de 2021 ont déjà permis le tournage de 8 longs métrages prometteurs où la Normandie tient l’un des rôles principaux. A découvrir sur grand écran dès que possible ! 

Normandie Images

Association soutenue et financée par la Région Normandie à hauteur de 1 200 000€, Normandie Images œuvre au développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création multimédia en Normandie. Composée d'une équipe de 24 personnes réparties entre Caen et Rouen, l'association accompagne la création et la production, mais aussi l’accueil des tournages, et mène des actions en faveur de la diffusion des œuvres. Enfin, grâce à la collecte et la valorisation de films amateurs ou professionnels, elle construit la mémoire cinématographique et audiovisuelle de la Normandie.

L'Accueil de tournages de Normandie Images

La diversité des paysages normands, proposant tour à tour mer, villes et campagne sont autant d’écrins pour les écrans. Leurs falaises, ports, stations balnéaires et plages du Débarquement, Mont Saint-Michel et vieux Rouen, quartier Perret au Havre et château de Guillaume le Conquérant au cœur de Caen, bords de Seine et nombreux haras offrent bien des possibles aux réalisateurs. A la recherche d’une rue moyenâgeuse, d’une maison avec vue sur la mer, d’une plage désertique ou d’un site singulier, de techniciens, de prestataires techniques ou bien encore d’un spécialiste des effets spéciaux, d’un dresseur animalier, d’acteurs ou même de figurants, les équipes de production contactent l’Accueil de tournages de Normandie Images pour les aider à trouver les perles rares. 

En plus de 20 ans d’existence, l’Accueil de tournages de Normandie Images, dont la mission est de faciliter l’implantation des tournages en Normandie, a tissé des liens de confiance avec les ressources et acteurs locaux. 

« Nous alimentons régulièrement une base de lieux de tournage qui propose une vue panoramique sur la Normandie : sites emblématiques, lieux perdus, bâtiments exceptionnels, maisons typiques ou non, coins de verdure, zones industrielles, cathédrales et bicoques. »

Johanne Prat, responsable de l’Accueil de tournages à Normandie Images

Ainsi l’Accueil de tournages de Normandie Images utilise une base de données nationale pour recenser, identifier et valoriser les techniciens et comédiens professionnels de la région. Il développe également des outils de valorisation, comme récemment un annuaire en consultation libre sur son site de prestataires et de sociétés de production en région. 

"Il y a une grande réactivité de nos équipes, souligne Denis Darroy. De plus, nous sommes présents dans les festivals et les films soutenus par le fonds d’aide à la création Région Normandie/CNC sont remarqués, primés ou en short list. Aujourd’hui, avec les services de la Région, nous souhaitons développer davantage le lien entre écriture cinématographique et audiovisuelle, notamment avec des résidences d’auteurs et de scénaristes, comme c’est le cas depuis plusieurs années au Moulin d’Andé. Un second lieu, la résidence Saint-Michel à Valognes, est en train de voir le jour, pour proposer notamment des résidences sur la littérature et le cinéma".

Circuits courts pour longs métrages

Les tournages génèrent une économie non négligeable pour les territoires normands qui les accueillent : techniciens et figurants normands, hébergements des équipes, restauration, transports, attractivité touristique, ... Ainsi, en 2020, 55 films, tous genres confondus, ont été soutenus et/ou accueillis en Normandie représentant 477 jours de tournages cumulés pour 3 471 jours salariés (pour les techniciens et acteurs normands) et générant 3,424 M€ de retombées économiques via les dépenses locales des équipes.

Mesrine : l'ennemi public n°1, de Jean-François Richet. Caserne Pelissier à Rouen © Jean-Pierre Sageot

Comment fonctionne le fonds d’aide ?

Production de longs, moyens, courts métrages de fiction ou d’animation, documentaires… Le fonds d’aide à la création et à la production cinéma et audiovisuel de la Région Normandie en partenariat avec le CNC attribue des subventions après une sélection des projets assurée par des commissions composées de professionnels du cinéma et de l'audiovisuel, réunis par Normandie Images. Ils émettent un avis en fonction de l’originalité de l’œuvre, de sa contribution à la diversité de la création, de sa qualité artistique, de sa faisabilité, et de son impact régional.

Les avis sont présentés au Conseil d’Administration de Normandie Images au sein duquel siègent des représentants de la Région Normandie, de l’Etat et des professionnels. Les avis favorables sont transmis pour décision attributive au vote de l’assemblée délibérante de la Région Normandie.

Le fonds de soutien à la création est de 1 708 333 € pour la part Région abondé par le CNC à hauteur de 679 167 €, soit un total de 2 387 500 €

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Palmarès des films soutenus en 2020 et nominés en 2021

 

  • Été 85 de François Ozon : César 2021 (11 nominations)
  • Poissonsexe de Olivier Babinet : César 2021 (1 nomination)
  • Albatros de Xavier Beauvois : Berlinale 2021
  • Taste de Lê Bao : en sélection Encounters - Berlinale 2021

Richard Patry ; "tout le secteur du cinéma souffre"

Richard Patry ©noécinémas

Richard Patry est Président de la Fédération Nationale des Cinémas Français et de la Chambre syndicale des cinémas de Normandie. Il est aussi Président de Normandie Images

Les tournages s’enchainent actuellement dans notre région avec l’aide active de Normandie Images. En pleine pandémie, sommes-nous plus proche du Jour le plus long ou du Jour d’après ?

En bon Normand, je vais vous répondre : les deux mon capitaine ! Le jour le plus long car cela n’en finit pas. Il y a donc beaucoup de lassitude après presque 300 jours de fermeture des salles de cinéma. Avec les autres secteurs de la culture, comme le théâtre ou la musique, nous avons l’impression d’être restés sur le bord de la route : il ne se passe rien. Il faut savoir que la filière des salles de cinémas en Normandie représente 2 000 salariés, actuellement en chômage partiel. Mais c’est aussi Le jour d’après, car comme pour tout « mauvais » film, il y a une fin. Un grand défi va alors se poser à nous : donner l’habitude aux Normands de revenir au cinéma pour ne plus regarder de film uniquement sur un téléviseur mais dans une salle, revenir au cinéma pour voir un film ensemble et vivre une aventure collective. Notre problématique est de retrouver tout le monde, sachant que 2019 affichait les meilleurs résultats depuis 50 ans avec 213 millions d’entrées ciné contre 63 millions en 2020, la pire année avec une baisse de 70%. L’autre défi est d’absorber le nombre de films en attente de diffusion, soit 420. Il va falloir réguler pour que chacun puisse les voir, sachant qu’un spectateur peut difficilement voir 400 films en un an.

Quel est l’impact de la crise sanitaire pour les exploitants de salles de cinéma en Normandie qui compte de nombreuses salles indépendantes ou d’art et d’essai ? 

Les salles indépendantes ne subissent pas tout à fait le même impact que les complexes et multiplexes. Les petites salles de cœur de ville sont des salles de proximité avec un public d’habitués, fidèle, voire militant. Alors que le public des multiplexes est un public plus occasionnel qui vient voir un blockbuster ou le grand film du moment. Cela dit, tout le secteur souffre. La crise nous a cependant démontré que notre stratégie de proximité, avec l’appui actif de la Région Normandie, est la bonne. A Caudebec en Caux, par exemple, où vivent 5 000 habitants, la salle de cinéma est habituellement ouverte toute l’année. Et cette stratégie est payante car cela créé de l’animation en cœur de ville, de l’attractivité. Dans ces petites villes, mise à part la bibliothèque, il n’y a souvent plus grand-chose en terme d’accès à la culture. C’est pour cela que nous avons vraiment hâte de rouvrir.
 

Quand l’image s’apprend

« La fermeture des salles de cinéma a suspendu les différents dispositifs d’éducation à l’image portés par Normandie Images. Nous avons donc organisé toutes les formations à distance pour les enseignants et mis en place, avec les professionnels, des ateliers d’écriture et de réalisation au sein des classes. »

Annick Brunet, secrétaire générale de Normandie Images

Lycée Siegfried Le Havre ©Normandie Images 2019

Hors pandémie, grâce au dispositif Lycéens et apprentis au cinéma (également décliné pour les élèves de primaire et collège), les jeunes bénéficiaires découvrent un panel de films qu’ils n'auraient peut-être pas vus, apprennent à reconnaître un auteur, une "signature" cinématographique. Le Voyage de Chihiro de Miyazaki, Petit paysan de Hubert Charruel ou bien encore Les temps modernes de Chaplin peuvent ainsi être vus sur grand écran par les futurs cinéphiles…

Publics prioritaires

Passeurs d’images, quant à lui, est un dispositif qui s’apparente davantage à des ateliers d’éducation artistique à l’image. Ils peuvent prendre la forme d’ateliers de programmation ou de création donnant naissance à des courts-métrages réalisés par les participants eux-mêmes, accompagnés d’un intervenant professionnel. Ce dispositif national s’adresse à des publics prioritaires relevant de la protection de l’enfance ou se trouvant en situation de handicap, incarcérés ou hospitalisés.

Les formations au cinéma et à l’audiovisuel en Normandie

Initiation à la pratique de la vidéo et de la photographie, analyse filmique, histoire du cinéma, c’est l’option que proposent certains lycées normands à leurs élèves de seconde, première et terminale, à l’instar de Jean Prévost à Montivilliers, Jehan Ango à Dieppe, Marie Curie à Vire, Jean-François Millet à Cherbourg-Octeville ou bien encore Marguerite de Navarre à Alençon. Et pour ceux et celles qui souhaitent continuer dans cette voie, le lycée Pierre Corneille à Rouen a mis en place un BTS "Métiers de l’audiovisuel" avec 4 options : Métiers du son – Métiers de l’image – Montage et post-production – Gestion de la production. Enfin, un parcours "Métiers de la production cinématographique et audiovisuelle" est intégré au Master Arts, lettres et civilisation de l’Université de Caen.

La Normandie et le cinéma amateur, 100 ans d’archives

Normandie Images, par son service Mémoire cinématographique et audiovisuelle, collecte, valorise et œuvre à la diffusion de notre patrimoine régional filmique.

Stockage et conservation des films amateurs ©Normandie Images

« Si vous possédez dans vos tiroirs ou votre grenier des bobines de films concernant le territoire régional, n'hésitez pas à nous contacter ! Normandie Images dispose de visionneuses dans tous les formats substandards afin d'identifier vos bobines si nécessaire. Vous contribuerez ainsi à enrichir le patrimoine cinématographique régional. Suite à cette démarche et après sélection, à la signature des conventions relatives à ce dépôt, un transfert numérique vous sera remis gracieusement »

Agnès Deleforge, chargée de projet Mémoire cinématographique et audiovisuelle

Créé en 1986 par Jean-Claude Guézennec, l’actuel président d’Archimède-Films, le fonds Mémoire audiovisuelle et cinématographique a pour vocation de sauvegarder une mémoire collective régionale en images animées par la collecte, la numérisation et la conservation de films qualifiés d’inédits - car à l'origine ils n’étaient pas destinés à une diffusion dans les circuits professionnels de l'audiovisuel. Ces films tournés essentiellement par des cinéastes amateurs dès les années 1920 sont des traces de l'histoire culturelle, sportive, touristique, sociale et économique de la Normandie ou tout simplement des témoignages sur la vie quotidienne.

Des bobines par milliers

Salle de conservation des films amateurs ©Normandie Images

Avec plus de 275 déposants (particuliers et organismes divers), le fonds amateur est composé aujourd'hui de 5 513 bobines de films de différents formats (9,5mm, 8mm, Super 8, 16 mm, 35 mm) et fait l'objet de contrats de dépôt et de cession de droit pour leurs utilisations. Afin de diffuser et valoriser ce patrimoine régional iconographique et filmique, Normandie Images a co-réalisé, en juin 2019, avec la Fabrique de patrimoines en Normandie le site memoirenormande.fr, ouvert à tous en consultation libre, et par accès dédié pour les professionnels de l'audiovisuel et du domaine culturel .   

Contact : agnesdeleforge@normandieimages.fr

La Normandie, terre mythique de cinéma

A défaut de fouler le tapis rouge, nous traversons régulièrement, sans y prêter attention, des lieux où furent tournés des films culte du cinéma. Petit florilège de 10 « spots ciné » normands emblématiques, à l’instar du quai Joannès-Couvert au Havre où furent tournées en 1968 des scènes mémorables du Cerveau de Gérard Oury, avec Bourvil, le plus célèbre Normand du cinéma français.

Les plus grands ont tourné en Normandie

Les grands noms du cinéma ont tourné en Normandie tout ou partie de leur film, tel Jean Renoir pour son Madame Bovary (1933) et La bête humaine en 1938 ; Jean Vigo qui réalise L’Atalante avec Michel Simon au Havre et à Sainte-Adresse en 1934. Quatre 4 ans plus tard, Marcel Carné y amènera Jean Gabin, Michèle Morgan et Pierre Brasseur pour Quai des Brumes. En 1951, Jean Gabin est de retour à Deauville et en Suisse normande pour Le plaisir de Max Ophuls. 

Avec ses paysages champêtres, ses châteaux et ses fabuleuses maisons du XIXe, ses rues médiévales et ses places typiques, la Normandie est un décor pour films d’époque, les nombreux chefs d’œuvres qui y ont été tournés en attestent : Capitaine Fracasse avec Jean Marais au château de Gisors, Tess de Polanski dans la campagne au sud de Cherbourg, Raphaël ou le débauché de Michel Deville, sans oublier les nombreuses adaptations des contes et nouvelles de Maupassant, ou la Madame Bovary de Claude Chabrol dont les habitants de Lyons-la-Forêt se rappellent encore. Les films sur la seconde guerre mondiale ne sont pas en reste : Le jour le plus long, Le jour d’après, Le train, Martin Soldat, ou bien encore La vie de château avec Catherine Deneuve.

Les lieux de tournage s'exposent

Pour les cinéphiles souhaitant en savoir plus sur les 650 films réalisés en Normandie, une "rétrospective" est présentée en fin d’année au Musée de Normandie de Caen. Fruit d’un partenariat scientifique et financier entre la Région Normandie et la Ville de Caen, l’exposition Action ! Le patrimoine normand au cinéma met en lumière les richesses normandes dans le 7e art. Organisée par thématiques patrimoniales, elle permettra de découvrir sous un nouvel angle les richesses de notre territoire à travers des photos de tournages de films, des clichés tirés des dossiers de l’Inventaire de la Région, mais aussi par le biais de plans, relevés, dessins, maquettes ainsi que des extraits de films… Du 18 décembre 2021 au 21 août 2022, dans la salle des remparts du château de Caen.

Dialogue citoyen

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